Emerald City (NBC) – Saison 1 Ep. 1 & 2

Le première nouveauté de 2017 ne sera pas fait attendre… Diffusés vendredi 6 janvier, les deux très attendus premiers épisodes d’Emerald City nous en disent déjà beaucoup sur cette ré-écriture plus adulte du Magicien d’Oz, faut-il se laisser tenter ?

Emerald City - Titre

Dorothy Gale (Adria Arjona) nous est très rapidement introduite en début de série : abandonnée à sa naissance et élevée pendant 20 ans par une famille adoptive, elle est infirmière et décidée à renouer avec sa mère biologique. Elle possède de plus un tatouage caractéristique à la main et a une relation avec l’un de ses collègues qui n’est absolument pas sérieuse. Un soir, alors qu’une tempête approche, elle s’en va confronter sa mère biologique. Elle arrive chez cette dernière, trouve un flic mort, du sang partout et sa mère mortellement blessée qui lui dit de s’enfuir. Elle sort et se retrouve dans la tempête, se réfugie dans une voiture, est emportée dans la tornade et se retrouve dans le Monde d’Oz…
Voilà ce qu’il se passe dans les 6 premières minutes de ce double-épisode qui dure donc un peu plus 1h20. Pas l’temps d’niaiser, comme disent les Québécois, la série entre directement dans le vif du sujet et ça c’est cool.

Créée par Josh Friedman et Matthew Arnold et diffusée sur NBC depuis le 6 janvier 2017, Emerald City se veut donc une ré-écriture plus mature du Magicien d’Oz, livre pour enfants écrit par L. Frank Baum en 1900 dont on connait surtout l’adaptation cinématographique de 1939 par Victor Flemming et sa chanson iconique Over the Rainbow  – originellement chantée par Judy Garland  et immortalisée bien des années plus tard par Israel Kamakawiwoʻole.

Dans l’histoire d’origine, Dorothy et son chien Toto sont emportés par un cyclone dans le Monde d’Oz. Leur arrivée cause la mort de la Méchante Sorcière de l’Est et la Gentille Sorcière du Nord leur vient en aide, elle explique à Dorothy que si elle veut rentrer chez elle, elle doit se rendre auprès du Magicien d’Oz à la Cité d’Emeraude. En chemin, Dorothy est rejointe par un épouvantail qui cherche un cerveau, un bucheron en fer blanc qui cherche un coeur et un lion peureux qui cherche du courage… On connait la suite, ils arrivent à la Cité d’Emeraude et ils obtiennent tous ce qu’ils sont venus chercher malgré le manque de réels pouvoirs magiques du Magicien d’Oz. 

Dorothy (Adria Arjona) - Emerald City

L’histoire d’Emerald City n’est pas calquée sur celle du Magicien d’Oz, même si elle en reprend les grandes lignes et les éléments clés. Par exemple, la Méchante Sorcière de l’Est, n’est pas tuée par la maison de Dorothy, mais par la voiture dans laquelle elle se réfugie quand la tornade arrive, l’épouvantail est en fait un homme, beau gosse évidemment, couvert de paille et crucifié que Dorothy va décrocher et donc sauver d’une mort certaine, la fameuse route de briques jaunes que suivent les héros dans le roman est ici jaune à cause du pollen de pavot et shoote les personnes qui la suivent…

Assez vite, on comprend l’idée des auteurs du show : aller à l’encontre l’esprit du roman de base, de manière quasi systématique, et forcément parfois de manière caricaturale. Pour « l’épouvantail »  ou Dorothy, ça marche plutôt pas mal, même si on part très vite dans une romance tout à fait prévisible. Le Magicien règne en dictateur sur Oz et fait enfermer toute personne touchant à la magie, la Sorcière de l’Ouest se retrouve du coup à être gérante de maison close… et ça continuera pour tous les personnages comme ça.

Dorothy & L'Épouvantail - Emerald City

Étant diffusée sur NBC et par conséquent soumis aux règles de la FCC qui limitent grandement ce que l’on peut montrer sur les chaines gratuites (pas d’obscénité , pas de sexe, pas de violence en gros), les auteurs sont forcément limités dans leur expression. Contrairement à Black Sails, qui fonctionne sur la même idée en reprenant L’Île au trésor de Stevenson, mais est diffusée par Showtime et qui ne se gêne donc pas pour montrer une violence crue ou du sexe à outrance, ici on est plus dans une violence très soft et la série ressemble bien plus à Once Upon a Time, qui fonctionne sur une idée similaire. On se souvient de Bryan Fuller et son équipe qui réussissaient à faire oublier ces contraintes avec Hannibal, Friedman et Arnold, eux, n’y parviennent malheureusement pas. 

Les acteurs ne sont pas non plus le point fort de la série, outre la belle et le beau qui sont évidemment les héros de l’histoire, on retrouve Vincent D’Onofrio dans le rôle du Magicien, on l’avait déjà vu dans un rôle de Wilson Fisk plutôt réussi dans Daredevil mais il est encore trop tôt pour juger de sa prestation ici. Glinda, la Sorcière du Nord est elle interprétée par Joely Richardson, soit la Julia McNamara de Nip/Tuckon l’avait perdue de vue depuis un moment et cela fait plaisir de la revoir dans un rôle majeur ; la sorcière de l’Ouest, elle, est jouée par l’actrice Roumaine Ana Ularu (aperçue dansThe Borgias et dans quelques films roumains) et son côté sexy intriguant saura peut-être séduire le public… 

Mais la série n’est pas à jeter pour autant et possède des belles choses. En premier lieu son univers, qui se trouve être beaucoup plus riche que celui de l’histoire de base et qui est, admettons le, plutôt joli. L’intrigue est elle aussi intéressante, évidemment Dorothy en route vers Emerald City est la principale histoire, mais d’autres intrigues viennent se lier à cela, comme les implications politiques que cause la mort de la Sorcière de l’Ouest ou les raisons qui ont conduit à la crucifixion de « l’épouvantail »… 

Emerald City - Colosse

En conclusion, on ne peut que constater les faits : Emerald City ne sera pas une oeuvre marquante, même si elle avait tout pour l’être. Il ne s’agit pas d’une mauvaise série, mais simplement d’un produit télévisuel générique servi dans un bel enrobage. On appréciera ce qu’elle réussit, c’est à dire moderniser l’univers d’Oz, et les choix parfois drastiques que cela implique, mais on ne pourra que regretter son manque d’audace et l’absence totale de prise de risque. Et si l’on n’a pas envie de savoir quelles sont les modification apportées au monde imaginé par L. Frank Baum, il n’y a aucune raison de la regarder.

Note : je vais néanmoins regardé la suite de la série et reviendrai avec une mise à  jour si jamais la suite ma fait changer d’avis.

 

Laisser un commentaire