Micro-Critique : Flesh and Bone (Starz) – Mini-Série

En 2011, Darren Aronofsky apportait, avec Black Swan, un regard sombre et nouveau sur l’univers du ballet. Les corps mutilés, les personnalités brisées, l’ambiance, le jeu de Natalie Portman et la réalisation ont fait de ce film un classique instantané… et le 9 novembre 2015, Starz diffusait le premier épisode de Flesh and Bone, une mini-série créée par Moira Walley-Beckett centrée sur cette univers.

Episode 1 : Bulling Through

Écrit par Moira Walley-Beckett et réalisé par David Michôd, ce premier épisode ne fait qu’introduire l’histoire de son héroïne, Claire Robins (Sarah Hay), une jeune femme qui fuit Pittsburgh, pour une raison qu’il est facile de devinée par la suite, et rejoint le corps de l’American Ballet Company, une compagnie de ballet (fictive) située à New-York.

Claire Robins (Sarah Hay) - Flesh and Bone - © Starz
Claire Robins (Sarah Hay), quand elle ne danse pas.

Parlons tout de suite de ce qui fâchera : oui, la série a d’énorme ressemblances avec Black Swan et l’ombre du film plane très clairement sur le scénario et sur les personnages. Mais il serait trop facile de dire que si l’on a vu le film de Daren Aronofsky, Flesh and Bone n’a rien de nouveau à apporter. Déjà parce que sa créatrice fait partie de l’équipe responsable de Breaking Bad (dont elle a écrit de nombreux épisodes) et ainsi que de celle de Pan Am qui a explosé en vol (en partie par la faute d’ABC) et qui aurait vraiment mérité d’être prolongée. Je ne m’étalerai pas sur la mise en scène et la réalisation, même si les passages dansés sont très bien filmés et très bien chorégraphiés (en tout cas à mes yeux profanes), on reste dans une réalisation télévisuelle très fonctionnelle. Toujours est-il que David Michôd, le réalisateur d’Animal Kingdom et de The Rover, a fait un très bon boulot, et on peut espérer que les réalisateurs qui suivront s’inspireront de son travail.

Flesh and Bone, contrairement à Black Swan se veut réaliste, la série est pensée comme une mise en situation, plus que comme un fantasme. Il n’est pas question de fantastique et de transformation en cygne, non. Ici, il est question d’une danseuse, interprétée d’ailleurs par une vraie danseuse qui s’en sort très bien pour un premier rôle, et de son ascension au sein d’un univers impitoyable qui n’accepte pas le moindre faux-pas (au sens propre). Il est aussi question de son acclimatation à son nouveau cadre de vie, de sa relation avec les autres ballerines et de son histoire familiale que l’on devine houleuse.

Pas super pratique...
Pas super pratique…

Pour l’instant, les événements du premier épisode lui ont presque tous été favorables et pourtant on ne peut s’empêcher d’avoir mal pour elle. Physiquement d’abord, car, on le sait, le ballet impose d’énorme contraintes au corps (et notamment aux pieds) ; moralement ensuite, la pauvre Claire se retrouve beaucoup trop vite au premier plan au sein de la troupe sans avoir rien demandé et il est évident que cette ascension soudaine va créer des conflits avec les autres danseuses, et notamment avec La star, Kiira (Irina Dvorovenko).

Même si le parallèle avec Black Swan peut se faire pratiquement à tous les instants de ce premier épisode, j’ai l’espoir que la suite de l’histoire s’éloignera tout de même du film d’Aronofsky. L’aspect business, bien mis en avant lors de cet épisode, peut être un des points de différence bienvenu. En tout cas, ça se regarde bien.

– 8 épisodes prévus

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