Les séries de la rentrée (partie 2)

Partie 1

Limitless (Craig Sweeny) – CBS

Limitless - © CBS

Si vous n’avez pas vu le film du même nom, laissez moi vous l’expliquer en deux lignes : Eddie Morra (Bradley Cooper) est un auteur un peu nul qui, pour trouver son inspiration, prend une drogue appelée NZT permettant d’exploiter son cerveau au maximum. Il lui arrive des trucs, évidemment, mais c’est le point de départ de l’histoire.

La série reprend la suite du film, ouf ! on n’aura pas droit à une adaptation d’un film en série, avec Jake Mcdorman en tant qu’acteur principal dans un rôle différent (Brian Finch). Un peu comme dans le film, c’est un raté qui, pour des raisons X et Y se retrouve à prendre de la NZT.

Malgré ses deux premiers épisodes réalisés par Marc Webb (qui co-écrit le deuxième), la série se révèle être une série à consultant classique. Les passages où Brian Finch est sous NZT sont très plaisants, comme c’était le cas dans le film, mais le genre me semble bien trop saturé pour que Limitless s’impose dans le paysage télévisuel américain… Et puis l’histoire « globale » de la série, celle qui lit les épisodes entre eux, est quasi inexistante. Personnellement, j’aime bien les personnages et l’ambiance de la série, mais elle sera loin de faire l’unanimité.

En novembre 2015 : je regarde encore.

Minority Report (Max Borenstein) – FOX

Minority Report - © FOX

Mon dieu, quelle horreur.
Je n’ai pas envie de gâcher de mon temps ni du vôtre pour parler de Minority Report, mais là, c’est tellement minable que j’ai besoin d’en parler…

Pour situer les choses, Minority Report est un film réalisé par Steven Spielberg sorti en 2002 inspiré d’une nouvelle de science-fiction de Philip K. Dick. L’histoire est celle de Tom Cruise, un flic qui bosse à la PreCrime, la police qui empêche les meurtres avant qu’ils soient commis. Les prédictions concernant ces derniers sont effectuées par trois frères et soeurs extra-lucides appelés Precogs.
C’est un excellent film. Il fait partie des meilleurs Spielberg à mes yeux, mais ça c’est autres choses. Sachez juste que j’aime beaucoup ce film et que je savais, mais alors sans le moindre doute, que la série serait une purge. Je n’imaginais juste pas à quel point.

La série s’ouvre en racontant l’histoire du film de Spielberg, sans entrer dans les détails. Déjà, là, je suis soulagé : comme pour Limitless, on ne va pas refaire le film en moins bien. On nous ré-explique ce qu’était les Precogs et nous  les présente. Jusque là ça va. Puis on retrouve un de ces Precogs dans la ville (là ça commence à coincer) qui tente d’empêcher un meurtre qu’il a vu venir. Pourtant, on nous a introduit les personnages une minute avant et on nous a dit qu’ils ne pouvaient pas vivre en ville parce qu’ils voient des meurtres de manière incessante.

Mais ce n’est pas le pire.

Le pire c’est elle :

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Oh non, ce n’est pas ce que vous croyez, je n’ai aucun problème avec Meagan Good. Non, j’ai un problème avec l’instrumentation qui est faite de son corps dans la série. Très clairement, elle n’a pas été castée pour ses compétences de jeu d’actrice. Ou alors si, mais dans ce cas là, elle en a deux grosses, et tous les plans dans lesquels elle apparaît sont centrés dessus. Pur mauvais goût. En plus d’une mauvaise réalisation.

Mais en plus de ça, la série remet en question le message du film, qui était en gros « un criminel n’est pas un criminel tant qu’il n’a pas commis de crime ». Meagan Good, ou plutôt son personnage Lara Vega, ne cesse de remettre en question la fin du PreCrime. Dès qu’elle le peut elle avance un petit « avant on aurait empêcher ça » ou un truc du genre. Et c’est d’ailleurs le sujet de la série, puisque les deux personnages entrent évidemment en relation et tentent d’arrêter un meurtre avant qu’il est lieu.

Bon d’accord, là il s’agit d’une volonté personnel et non d’une institutionnalisation. Donc c’est un travail d’enquête et de police, pas de condamnation sans jugement comme c’était le cas avant. Ça passe.

Et dernier point, plus anecdotique. Lorsque le film est sorti, en 2002 donc, il y a presque 15 ans. Le fait de bouger les mains et les bras pour animer un objet à l’écran faisait sans doute rêver à l’époque, mais depuis des ergonomistes ont commencé à bosser sur le sujet et se sont rendu compte que ça serait tout pourri. Ceci dit, si ça marchait dans le film c’était surtout parce que la mise en scène de Spielberg associée à la chorégraphie de la scène fonctionnaient bien ensemble. Là, lorsque Lara s’agite sur la scène de crime avec ses Google Glass, c’est juste grotesque.

Pour conclure : Minority Report, c’est la série qui fait passer toutes les autres pour des chef-d’oeuvre et c’est mon nouveau maître étalon personnel pour juger du pire.

J’ai arrêté de regardé après le premier épisode.

Quantico (Joshua Safran) – ABC

Quantico - © ABC

Qu’ont les Américains avec le FBI ?
C’est une question que je me suis posé après avoir pris une seconde pour réfléchir à toutes les séries et les films qui impliquent la police fédérale américaine. Rien que dans cette sélection de rentrée, nous en avons 3 (Blindspot, Limitless et Quantico). Le Bureau est en général utilisé pour représenter une police plus puissante – comprendre ayant plus de moyen – pour justifier certaines actions, il s’agit d’une convention d’écriture, le FBI est fort, il peut faire n’importe quoi, très bien.

Quantico s’intéresse à la formation des agents du FBI. Et puisqu’il s’agit de quelque chose de plutôt secret, les scénaristes s’amusent en imaginant comment ces agents sont formés. Passons là-dessus, c’est un élément amusant, mais plus parce que l’Academy ressemble à un lycée américain (de série télé) avec des adultes.

Non l’histoire principale de la série est autre. Il s’agit d’une enquête menée par une agent du FBI , Alex Parrish (Priyanka Chopra), sur un attentat dont elle est la principale (voire l’unique) suspecte. Et ce n’est pas terrible. Le seul indice dont elle dispose est la certitude que l’attentat a été commis par un de ces camarade de promotion.
Nous, on trouvera ça sans doute un peu niais, mais ça justifie une histoire à deux temporalité car les éléments que vit Alex Parish répondent à des exercices qu’elle a eu à effectuer lors de sa formation. C’est une méthode narrative usée jusqu’à la corde, mais pourquoi pas… Sans être de très bonne qualité, Quantico se laisse regarder.

En novembre 2015 : je regarde encore.

Mais il manque des séries là, où est Scream Queens par exemple ?

Je reviendrai, un jour prochain, sur les autres nouveautés de la saisons… Entre autres, The Man in the High Castle viendra s’ajouter à la liste.

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